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Le temps des sucres, source d’inspiration pour une toponymie alléchante!

Au Québec, plus de 13 000 producteurs et productrices acéricoles exploitent l’érable à sucre, assurant à eux seuls environ les deux tiers de la production mondiale de sirop d’érable. Le nom Rue de l’acériculteur, à Sainte-Marthe-sur-le-Lac, leur rend hommage.

Bien avant l’arrivée des Européens, les peuples autochtones récoltaient la sève de l’érable, et certains toponymes conservent la mémoire de cette pratique ancestrale. Le nom Cigonicinanik Pokodinan, qui désigne un lieu-dit situé sur le territoire des Lacs‑du‑Témiscamingue, en est un bon exemple. Issu de la langue anichinabée, il signifie « montagne où l’on fait du sirop d’érable ».

Apparu vers 1804, le terme érablière désigne une plantation d’érables et, plus spécifiquement au Québec, une forêt d’érables à sucre. Parmi les toponymes inspirés par ce type de regroupement d’arbres, on trouve Route des Érablières et Ruisseau de l’Érablière. Le premier correspond à une voie de communication située à Saint‑Jacques‑de‑Leeds, nommée ainsi en raison des érablières qui bordent son tracé; quant au second, il désigne un cours d’eau qui se trouve au cœur d’une forêt de ce type, à Hébertville.

On rencontre un très grand nombre de toponymes comportant le mot érable : en fait, il y en a plus de quatre cents servant à désigner des lieux situés sur le territoire québécois. Parmi ces noms figurent Saint‑Joseph‑des‑Érables, qui correspond à une municipalité de Chaudière‑Appalaches, ainsi que Réserve naturelle de la Coulée‑des‑Érables, qui désigne une aire protégée située en Montérégie. Quant aux toponymes où le mot sucre fait référence au sucre d’érable, ils sont aussi fort nombreux. Certains d’entre eux font notamment écho aux traditions d’autrefois, comme en témoigne le nom Chemin des Sucres‑d’Antan, à Amherst.

D’autres appellations s’ajoutent à tous ces noms associés au temps des sucres, comme celles inspirées par l’univers de la cabane à sucre. Ainsi, les noms Chemin des Cabanes, qui désigne une voie de communication que l’on trouve à Saint-Aubert, et Pont des Cabanes-à-Sucre, qui fait référence à un pont situé à La Martre, sont de nature à éveiller nos papilles gustatives et laissent entrevoir des moments agréables.

De plus, la toponymie peut aussi refléter les cycles de la coulée printanière, les techniques acéricoles, de même que l’outil utilisé pour l’extraction de la sève, comme en témoignent les noms Parc régional des Grandes‑Coulées, Rue de l’Entaille et Rue du Chalumeau.

Enfin, le répertoire de noms de lieux associés au temps des sucres serait incomplet si aucune référence n’était faite à l’activité la plus emblématique de cette période de l’année, soit la dégustation de la tire d’érable sur la neige. À Gatineau, le nom Rue de la Tire désigne une voie de communication qui se trouve dans un secteur où les rues sont désignées par des noms qui font référence à la thématique de l’érablière.

La toponymie témoigne de l’enracinement profond de la culture acéricole dans l’identité culturelle québécoise. Les noms de lieux qui évoquent cette culture sont autant d’invitations à se sucrer le bec!

Chronique parue le 19 mars 2026.

Date de la dernière mise à jour : 2026-03-16