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Gros plan sur la lumière d’avril

L’invention de la photographie, au milieu des années 1820, est attribuée au Français Joseph Nicéphore Niépce. Celui-ci est rappelé dans la toponymie québécoise au Saguenay–Lac‑Saint‑Jean par le nom Lac Niepce. Son compatriote, Louis‑Jacques‑Mandé Daguerre, qui a poursuivi et amélioré ses recherches en mettant au point, à la fin des années 1830, le daguerréotype, est pour sa part rappelé dans le nom Rue Daguerre, qui désigne une voie de circulation à Longueuil.

Le daguerréotype, procédé utilisé dans les premiers appareils photographiques accessibles au grand public, a rapidement traversé l’Atlantique. Dès le début des années 1840, la photographie est, entre autres, pratiquée à Québec et à Montréal, qui deviennent les premiers foyers de diffusion de cette nouvelle activité dans la province. Plusieurs photographes marquants de cette période sont d’ailleurs rappelés dans la toponymie. C’est le cas de certains membres de la famille Livernois, des commerçants établis à Québec, dont plusieurs se sont illustrés comme photographes. Le nom Livernois a notamment été attribué à un canton de la région de la Mauricie, tandis que l’appellation Avenue Livernois désigne une artère de la ville de Québec.

À Montréal, le photographe William Notman, qui a rapidement acquis une renommée internationale grâce à ses portraits de personnalités célèbres et à ses photographies de paysages, est, entre autres, commémoré par le toponyme Maison‑William‑Notman, lequel désigne un monument historique.

Annette Bédard
Source : Rootsweb.com

Certaines femmes ont aussi été des figures marquantes de la photographie au Québec. Elles ont en effet joué un rôle déterminant à une époque où le métier était majoritairement une affaire d’hommes. À titre d’exemples, Annette Bédard et Marjorie Davison occupent une place significative dans l’histoire de la photographie d’ici. L’une est reconnue comme la pionnière de la photographie professionnelle féminine, tandis que l’autre figure parmi les premières femmes à avoir intégré le corps national de presse à titre de photographe. Les odonymes Rue Annette‑Bédard, à Victoriaville, et Rue Marjorie‑D.‑Shackleton, à Gatineau, perpétuent aujourd’hui leur mémoire en les inscrivant dans le paysage urbain.

Condrad Poirier
Source : P48,S1,P4310, BANQ.

D’autres photographes importants ont également vu leur contribution reconnue à travers des noms de lieux. À Rimouski, le nom Parc Aline-et-Rita-Chevron rend notamment hommage à Rita Chevron, première photographe de presse du Bas‑Saint‑Laurent, dont l’œuvre a laissé une empreinte durable sur la région. À Québec, l’appellation Rue Marie‑Alice‑Dumont perpétue le souvenir de cette pionnière de la photographie dans l’Est du Québec, active pendant une grande partie du XXᵉ siècle. Montréal souligne pour sa part la contribution de Conrad Poirier avec le nom Parc Conrad‑Poirier. Ce grand photographe a vu ses images publiées dans de nombreux journaux et magazines et son œuvre constitue un témoignage précieux de la vie urbaine montréalaise. Enfin, à Marieville, le toponyme Rue Gaby‑Desmarais rappelle le parcours d’un photographe portraitiste de renommée internationale connu pour avoir immortalisé de nombreuses personnalités marquantes du XXᵉ siècle.

Qu’ils soient pionniers de la photographie, photographes de presse ou portraitistes, tous ces virtuoses de l’image ont vu leur nom être rappelé dans la toponymie québécoise, qui témoigne par le fait même des traces que le travail de ces personnes, comme autant de moments captés sur pellicule, a laissées dans la mémoire collective.

Chronique parue le 23 avril 2026.

Date de la dernière mise à jour : 2026-04-30