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Commission de toponymie

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Rue De Rouville


Origine et signification Cette rue se trouve à Boucherville, en Montérégie. Plus précisément, elle est située dans un secteur où les voies de communication sont désignées par des noms en lien avec Pierre Boucher (1622-1717) et sa famille. On fait ici référence à l’importante famille seigneuriale des Hertel, qui était liée par mariage avec les Boucher. Parmi les membres les plus célèbres de cette famille, citons notamment Jacques Hertel de La Fresnière, son fils Joseph-François Hertel de La Fresnière, et son petit-fils Jean-Baptiste Hertel de Rouville.

Notices biographiques

Jacques Hertel de la Fresnière

Jacques Hertel de La Fresnière (Fécamp, France, 1603 – Trois-Rivières, 1651) est un interprète et un pionnier de la Nouvelle-France. Il serait arrivé dans le Nouveau Monde vers 1626 comme soldat. S’étant réfugié chez les Anichinabés (Algonquins) pendant l’occupation de Québec par les frères Kirke (de 1629 à 1632), il acquiert auprès d’eux une connaissance des langues algonquiennes qui lui permettra d’agir comme interprète pour les Jésuites au cours des décennies suivantes. En 1633, Jacques Hertel de La Fresnière se voit concéder la seigneurie Hertel par la Compagnie des Cent-Associés. Lui et Jean Godefroy de Lintot (vers 1607-1681) deviennent les premiers pionniers de Trois-Rivières, s’y établissant un an avant sa fondation officielle. On concède aussi à Jacques Hertel de La Fresnière l’arrière-fief de l’Arbre-à-la-Croix en 1644 et la seigneurie de Cournoyer en 1647. Celui-ci épouse Marie Marguerie (1620-1700) à Trois-Rivières en 1641. Trois enfants naissent de leur union, dont le célèbre militaire Joseph-François Hertel de La Fresnière (1642-1722). Leur nombreuse descendance marquera l’histoire de la Nouvelle-France et du Québec.

Joseph-François Hertel de La Fresnière

Joseph-François Hertel de La Fresnière (Trois-Rivières, 1642 – Boucherville, 1722) est un militaire, un interprète et un seigneur. Il grandit à Trois-Rivières, alors un poste de traite souvent menacé par les Haudenosaunis (Iroquois), et participe à sa défense dès 1657. Il est toutefois fait prisonnier au cours d’un raid haudenosauni en 1661 et soumis à la torture, avant d’être adopté par une aînée autochtone. Son séjour parmi les Haudenosaunis lui permet d’apprendre leur langue et de se familiariser avec leurs coutumes et leurs techniques de guerre, des connaissances qui lui seront très utiles tant comme interprète que comme chef militaire. Après deux ans de captivité, François Hertel réussit à s’évader et à revenir à Trois-Rivières, où tous le croyaient mort. Un an après son retour, il épouse Marguerite de Thavenet (1646-1708) à Montréal. Quinze enfants seraient nés de leur union. 

François Hertel participe à de nombreuses expéditions afin de pacifier les Haudenosaunis, notamment celles menées par le lieutenant-général Alexandre de Prouville de Tracy (vers 1596-1670) en 1666 et par le gouverneur Louis de Buade de Frontenac (1622-1698) en 1673. Surnommé « le Héros » par ses contemporains, il s’illustre particulièrement au cours de la première guerre intercoloniale (de 1688 à 1697) en conduisant avec ses fils plusieurs expéditions au cours desquelles il s’inspire des méthodes de guerre autochtones. Souhaitant exercer des représailles contre les colonies de la Nouvelle-Angleterre en raison de leur rôle dans le massacre de Lachine (en 1689), Frontenac confie à François Hertel le commandement d’un raid contre Salmon Falls, situé dans l’actuel État du New Hampshire, en mars 1690. À la suite du succès de cette incursion, François Hertel conduit des miliciens et des alliés autochtones dans l’actuel État du Maine, où ils participent à la prise de Fort Loyal en mai. De retour en Nouvelle-France, le Héros et ses fils se distinguent lors de la défense de Québec contre les troupes de l’amiral William Phips (1651-1695) en octobre de la même année. Après ses exploits accomplis au cours de la première guerre intercoloniale, il assure le commandement de Fort Frontenac de 1708 à 1712.

En plus de la seigneurie de Chambly acquise grâce à l’héritage de son épouse en 1694, François Hertel se voit concéder, en reconnaissance de ses services militaires, la seigneurie de Saint-Charles en 1695, constituant ainsi un vaste patrimoine pour sa descendance. En 1716, il obtient enfin ses lettres de noblesse après que plusieurs gouverneurs de la Nouvelle-France ont successivement plaidé auprès de la couronne en sa faveur. L’anoblissement est l’ultime récompense pour ce guerrier qui a joué un rôle important dans la défense de la colonie pendant plusieurs décennies.

Jean-Baptiste Hertel de Rouville

Jean-Baptiste Hertel de Rouville (Trois-Rivières, 1668 – île du Cap-Breton, 1722) est un militaire et un seigneur. Troisième fils du célèbre commandant Joseph-François Hertel de La Fresnière (1642-1722), il s’initie au métier des armes dès son jeune âge et accompagne son père et ses frères lors de plusieurs expéditions contre les colonies de la Nouvelle-Angleterre pendant la première guerre intercoloniale (de 1688 à 1697). Il participe notamment au raid sur Salmon Falls, situé dans l’actuel État du New Hampshire, en mars 1690, puis il s’illustre lors de la défense de Québec contre les troupes de l’amiral William Phips (1651-1695) en octobre de la même année.

Suivant les traces de son père, Hertel de Rouville mène avec brio plusieurs expéditions punitives contre les colonies de la Nouvelle-Angleterre lors de la deuxième guerre intercoloniale (de 1702 à 1713) et devient l’un des hommes de confiance du gouverneur de la Nouvelle-France Philippe de Rigaud de Vaudreuil (1650-1725). À la tête de contingents composés de quelque 250 soldats français, miliciens et alliés autochtones, il dirige, entre autres, les raids sur Deerfield en 1704 et Haverhill en 1708, deux localités situées dans l’actuel État du Massachusetts. À la suite de la signature du Traité d’Utrecht en 1713, Hertel de Rouville est nommé commandant des troupes stationnées sur l’île du Cap-Breton, alors appelée Île Royale. Les autorités coloniales françaises souhaitent fortifier cette île, dont l’emplacement est devenu particulièrement stratégique en raison de la cession de Terre-Neuve et de l’Acadie péninsulaire à la Grande-Bretagne. En 1715, le gouverneur de l’île Royale, Philippe de Pastour de Costebelle (1661-1717), confie à Hertel de Rouville la mission de superviser la construction d’un fort situé près de Port-Dauphin (aujourd’hui Englishtown). Ce dernier demeurera le commandant de cet ouvrage jusqu’à son décès.

En 1694, le gouverneur Louis de Buade de Frontenac (1622-1698) concède à Hertel de Rouville des terres qui s’étendent sur les actuels territoires de Mont-Saint-Hilaire, d’Otterburn Park et de Saint-Jean-Baptiste, en Montérégie. Entièrement dévoué à sa carrière militaire, Hertel de Rouville n’habitera toutefois jamais la seigneurie de Rouville. Il reviendra donc à ses héritiers, issus de son union avec Marie-Anne Baudouin (1685-1745), de développer ce fief. Officier reconnu pour sa bravoure et l’efficacité de ses expéditions inspirées des méthodes de guerre autochtones, Hertel de Rouville s’éteint en 1722, un an après avoir été fait chevalier de l’Ordre de Saint-Louis.


Sources

Ma rue raconte... son histoire. Toponymie de Boucherville, mai 1984.
Dictionnaire biographique du Canada (consulté en janvier 2026)
Répertoire du patrimoine culturel du Québec (consulté en janvier 2026)
Site Web de l'Encyclopédie canadienne (consulté en janvier 2026)
Site Web du Musée McCord Stewart (consulté en janvier 2026)
Site Web Généalogie du Québec et de l'Amérique française (consulté en janvier 2026)

Date d'officialisation 1987-03-05

Spécifique De Rouville

Générique (avec ou sans particules de liaison) Rue

Type d'entité Rue

Région administrative Montérégie

Municipalité régionale de comté (MRC) Hors MRC

Municipalité Boucherville (Ville)

Code géographique de la municipalité 58033

Dans une adresse, on écrirait, par exemple : 10, rue De Rouville

Sur un panneau de signalisation routière, on écrirait, par exemple : Rue De Rouville

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