Origine et signification
Cette voie de communication se trouve dans l’arrondissement des Nations, à Sherbrooke. Son nom rappelle le souvenir de Charles Le Moyne de Longueuil et de Châteauguay.
Notice biographique
Charles Le Moyne de Longueuil et de Châteauguay (Dieppe, France, 1626 – Montréal, 1685) est un militaire, un interprète, un commerçant et un seigneur qui a joué un rôle important dans la colonisation de Montréal et de ses environs. Fils d’un aubergiste, Charles Le Moyne arrive en Nouvelle-France comme engagé des Jésuites en 1641. Il travaille pendant quatre années aux côtés des missionnaires en Huronie, où il développe une bonne connaissance des langues autochtones. En 1645, Charles Le Moyne sert dans la garnison de Trois-Rivières en tant qu’interprète et soldat, puis il s’établit l’année suivante à Ville-Marie (aujourd’hui Montréal).
Charles Le Moyne se distingue lors de plusieurs escarmouches contre les Haudenosaunis (Iroquois), s’affirmant comme l’un des principaux chefs militaires de Ville-Marie. Il est aussi souvent appelé à agir en tant qu’interprète pour les autorités de la colonie montréalaise et il devient, au cours des années 1650, un commerçant de fourrures prospère. En 1651, il est nommé garde-magasin du fort de Ville-Marie en reconnaissance de sa valeur au combat. Trois années plus tard, Charles Le Moyne reçoit de Paul de Chomedey de Maisonneuve (1612-1676), gouverneur de Ville-Marie, une parcelle de terre sur la rue Saint-Paul, où il établit sa résidence principale, ainsi qu’une concession de 90 arpents, qui prendra le nom de Pointe-Saint-Charles. En 1657, on lui concède un arrière-fief de 5 000 arpents dans la seigneurie de La Citière. Charles Le Moyne nomme ce territoire Longueuil en référence à un village de sa Normandie natale. D’autres terres lui sont ensuite octroyées, dont l’île Sainte-Hélène et l’île Ronde en 1665 ainsi qu’un établissement au saut Saint-Louis (aujourd’hui les rapides de Lachine) en 1669.
Au cours des années 1660, Charles Le Moyne, à la tête des colons de Ville-Marie, accompagne le Régiment de Carignan-Salières lors de plusieurs expéditions en territoire haudenosauni. Il devient également un homme de confiance des gouverneurs de la Nouvelle-France lors des négociations avec les peuples autochtones. En 1673, il joue notamment le rôle d’interprète pour le gouverneur Louis de Buade de Frontenac (1622-1698) dans le cadre des pourparlers qui mèneront à la construction du fort Cataracoui (aujourd’hui Kingston, en Ontario). Tout en poursuivant ses lucratives activités commerciales, Charles Le Moyne continue de s’acquitter de plusieurs missions diplomatiques pendant le mandat du gouverneur Joseph-Antoine Le Febvre de La Barre (1622-1688) en prenant part, entre autres, aux négociations avec les Haudenosaunis qui se concluent par la paix de l’anse de la Famine en 1684.
Charles Le Moyne reçoit ses lettres de noblesse en 1668 en reconnaissance des importants services militaires et diplomatiques qu’il a rendus à la colonie. En 1672, Frontenac lui confère officiellement le titre de seigneur de Longueuil et augmente la taille de son domaine, puis il lui concède la seigneurie de Châteauguay l’année suivante. Charles Le Moyne acquiert également la seigneurie de l’Île-Perrot en 1684. Il s’éteint en 1685, alors qu’il avait été recommandé pour le poste de gouverneur de Ville-Marie. Charles Le Moyne lègue à sa nombreuse descendance, issue de son union avec Catherine Thierry (Saint-Denis-le-Thiboult, France, vers 1640 – Montréal, 1690), dite Primot, d’importantes possessions foncières et une vaste fortune. Plusieurs de ses deux filles et douze fils ont contribué à leur tour au développement de la Nouvelle-France. Figure majeure de la colonisation de Montréal et de ses environs, Charles Le Moyne a été désigné personnage historique par le gouvernement du Québec en 2021. La présence abondante des noms de Charles Le Moyne et de sa descendance dans la toponymie québécoise atteste de leur rôle marquant.
Sources
Dictionnaire biographique du Canada (consulté en septembre 2026)
Répertoire du patrimoine culturel du Québec (consulté en septembre 2026)
Site Web de l'Encyclopédie canadienne (consulté en septembre 2026)
Date d'officialisation
1991-08-02
Spécifique
Le Moyne
Générique (avec ou sans particules de liaison)
Rue
Type d'entité
Rue
Région administrative
Estrie
Municipalité régionale de comté (MRC)
Hors MRC
Municipalité
Sherbrooke (Ville)
Code géographique de la municipalité
43027
Dans une adresse, on écrirait, par exemple :
10, rue Le Moyne
Sur un panneau de signalisation routière, on écrirait, par exemple :
Rue Le Moyne