Origine et signification
Ce nom désigne l'un des plus importants massifs du Québec. Il s’agit de l’un des constituants du Bouclier canadien. Les monts Groulx se trouvent à plus de 150 km au nord de la rive de l’estuaire maritime du Saint-Laurent et s’étendent sur les territoires des MRC de Caniapiscau, de Manicouagan et de Sept-Rivières. Leur longueur est d’environ 90 km dans le sens est-ouest, entre le réservoir Manicouagan et la rivière Sainte-Marguerite, et elle varie entre 20 et 40 km dans le sens nord-sud. Plusieurs sommets dépassent 900 m d'altitude, le plus élevé étant le mont Veyrier, à 1 104 m.
Le nom Monts de la Trinité (1775) et son équivalent anglais Trinity Mountains (1776) ont été relevés au XIXe siècle et désignaient alors le massif. Celui de Montagnes Blanches (1887) a également été relevé au siècle suivant, ce toponyme rappelant l’un des noms innus employés pour désigner ce massif.
En effet, les Innus appellent les monts Groulx Uapeshkau ou Uashapeshkau, noms qui signifient respectivement « montagnes blanches » et « montagne au sommet rocheux ». Le nom Uapishka, qui serait une altération du nom Uapeshkau, est une variante employée pour désigner cet ensemble orographique. La forme hybride Monts Groulx-Uapishka est d’ailleurs relevée, en particulier depuis les années 2010.
Le nom Les Groulx, qui est devenu Monts Groulx en 1992, a été adopté par la Commission de géographie en 1967 en l'honneur du chanoine Lionel Groulx.
Notice biographique
Lionel Groulx (1878-1967) fut prêtre, historien, romancier et essayiste. Né à Vaudreuil, il fait ses études à Sainte-Thérèse, la principale ville de cette circonscription électorale, puis à Montréal, Rome et Fribourg. Longtemps professeur d'histoire à l'Université de Montréal à partir de 1915, il a été directeur de la revue L'Action française (1920-1928), fondateur de l'Institut d'histoire de l'Amérique française (1946), et, de 1947 à 1967, directeur de la Revue d'histoire de l'Amérique française publiée par cet institut. Auteur d'une foule d'articles, de conférences, de quelques romans, dont L'Appel de la race (1922), et surtout de l'Histoire du Canada français depuis la découverte (1950-1952), il a professé tout au long de sa carrière un nationalisme de bon aloi, sous-tendu par la foi catholique; il a ouvert la voie à l'indépendance du Canada français et défendu la langue française avec ardeur. La fondation, en 1904, de l'Association catholique de la jeunesse canadienne-française (A.C.J.C.) – une de ses œuvres importantes – a permis à plusieurs générations de Québécois d'y puiser leur ardeur nationaliste.
Sources
CARVER, Jonathan. A new map of the Province of Quebec, according to the Royal Proclamation, of the 7th of October 1763 from the French surveys connected with those made after the War, 1776. Également disponible en ligne : https://www.loc.gov/resource/g3450.ar058002/?r=0.684,0.572,0.223,0.135,0.
COMMISSION DE GÉOGRAPHIE. Toponymie des principaux reliefs du Québec, Étude toponymique no 4, 72 p.
GAGNON, Gédéon. Plan de la rivière Ste Marguerite, 1887.
POPPLE, Henry. A Map of the British Empire in America with the French and Spanish Settlements adjacent thereto, 1775. Également disponible en ligne : https://collections.leventhalmap.org/search/commonwealth:8049g9430.
Date d'officialisation
1992-03-02
Spécifique
Groulx
Générique (avec ou sans particules de liaison)
Monts
Type d'entité
Massif
Région administrative
Côte-Nord
Municipalité régionale de comté (MRC)
Manicouagan
Municipalité
Rivière-aux-Outardes (Territoire non organisé)
Code géographique de la municipalité
96902
Latitude Longitude (coord. sexagésimales)
51° 31' 51"
-68° 04' 38"
Latitude Longitude (coord. décimales)
51.53091
-68.07739
Carte topographique 1/50 000
22N09
Carte topographique 1/20 000
22N09 -0102