Origine et signification
Le cratère des Pingualuit, dépression circulaire formée par la chute d'une météorite d'environ 120 m de diamètre survenue il y a quelque 1,4 million d'années, est situé dans la partie la plus septentrionale du Québec, à quelque 100 km au sud-ouest de Kangiqsujuaq, municipalité de village nordique du détroit d'Hudson.
Le cratère a déjà porté le nom Chubb, puis celui de Nouveau-Québec, qui avait été officialisé en 1952, et qui provenait du nom même du territoire créé en 1912 par suite du rattachement de l'Ungava à la province de Québec. C'est à la demande de l'Institut culturel Avataq et de la Municipalité du village nordique de Kangiqsujuaq que le nom Cratère du Nouveau-Québec a été remplacé, en 2001, par Cratère des Pingualuit, afin de mettre en valeur la culture inuite dans le Nunavik et de favoriser les retombées positives de cette mise en valeur sur le milieu social.
Pingualuit est la forme plurielle du mot pingualuk, signifiant « le grand bouton éruptif », qui s'explique par la forme même du cratère ainsi que par la présence de nombreuses petites collines ressemblant aussi à des boutons éruptifs et disséminés tout autour du cratère.
Le cratère mesure un peu moins de 3 km de diamètre et sa profondeur, depuis son pourtour, est de plus de 400 m. Cette dépression est remplie d'une eau douce créant le lac Pingualuk, de 2,7 km de diamètre et de 263 m de profondeur. La transparence des eaux de ce lac, le plus profond en Amérique du Nord, est probablement unique au monde. Curieusement, bien qu'il ne possède ni affluent ni effluent et que ses eaux, passablement acides, soient dépourvues de sels minéraux, une espèce de poissons y vit, l'omble chevalier. La présence de cette espèce suscite des questions à propos desquelles des scientifiques avancent diverses hypothèses ayant trait à l'origine, à la survivance et à la capacité d'adaptation de ces poissons. Des recherches démontrent cependant que ceux-ci présentent des anomalies de croissance et qu'ils pratiquent une forme de cannibalisme.
C'est le 20 juin 1943, lors d'un vol de reconnaissance météorologique effectué par la US Air Force qu'on découvre cette forme spectaculaire. Les premiers Blancs à s'y rendre, lors d'une brève expédition en 1950, sont le prospecteur Frederick W. Chubb et le géologue V. Ben Meen, directeur du Royal Ontario Museum of Mineralogy. Le géologue Meen y organise, en 1951, la première expédition scientifique, chapeautée par la National Geographic Society de Washington. Ce n'est que depuis 1988, à la suite d'une expédition scientifique multidisciplinaire organisé par le géologue Michel A. Bouchard de l'Université de Montréal que l'on peut affirmer scientifiquement qu'il s'agit bien d'un cratère météorique. La puissance de l'impact de la météorite tombée à cet endroit est comparable à l'explosion de la bombe atomique sur Hiroshima, au Japon. Depuis 2003, le cratère et ses environs font partie d'un parc national créé pour leur préservation, le parc national des Pingualuit.
Sources
COMMISSION DE TOPONYMIE. Noms et lieux du Québec : dictionnaire illustré, Québec, Les Publications du Québec, 2006, 925 p.
Date d'officialisation
2001-01-25
Spécifique
Pingualuit
Générique (avec ou sans particules de liaison)
Cratère des
Type d'entité
Cratère météorique
Région administrative
Nord-du-Québec
Municipalité régionale de comté (MRC)
Hors MRC
Municipalité
Rivière-Koksoak (Territoire non organisé)
Code géographique de la municipalité
99902
Latitude Longitude (coord. sexagésimales)
61° 16' 39"
-73° 39' 49"
Latitude Longitude (coord. décimales)
61.2775
-73.66361
Carte topographique 1/50 000
35H05
Carte topographique 1/20 000
35H05 -0102