Origine et signification
Le nom Roberval désigne une ville située au Saguenay–Lac-Saint-Jean.
Anciennement, on dénommait couramment le territoire couvert par l'actuelle ville de Roberval, Notre-Dame-du-Lac-Saint-Jean, par référence à la paroisse homonyme fondée en 1854, approximativement à l'époque de la proclamation du dogme de l'Immaculée Conception. Sur le plan municipal, Roberval est issue de la municipalité de Lac-Saint-Jean créée en 1857 et scindée en 1859 pour donner naissance à la municipalité de Roberval et à celle d'Hébertville. La municipalité du village de Roberval, implantée sur la rive sud-ouest du lac Saint-Jean, a été établie en 1884, puis est devenue une ville, en 1903. En 1976, la fusion de la municipalité et de la cité de Roberval – statut obtenu en 1956 – a permis la création de l'actuelle ville.
Il appert que le nom de Roberval, également attribué au bureau de poste instauré en 1862 et au canton proclamé en 1863, a été suggéré par l'arpenteur Joseph Bouchette et a commencé à s'implanter vers 1850. Ce nom rappelle le souvenir de Jean-François de La Rocque de Roberval (vers 1495-1560), premier lieutenant-général de la Nouvelle-France.
Les premiers Robervalois se sont installés sur le territoire à compter de 1855, fondant ainsi le premier village au bord du lac Saint-Jean. Par la suite, se sont jointes à eux des familles originaires surtout de Charlevoix. À la fin du XIXe siècle, l'endroit a pris beaucoup d'expansion grâce à l'arrivée du chemin de fer Québec–Lac-Saint-Jean (1888). C'est surtout grâce à l'entrepreneur américain Horace Jansen Beemer, de Philadelphie, que la voie ferrée a fait son apparition. Dans les années 1880, Ross, Beemer and Compagny a fait d'importantes coupes de bois et du sciage dans la région du Lac-Saint-Jean. S'étant installé au pays, l'entrepreneur Beemer s'est occupé d'exploitation forestière, de spéculation foncière ainsi que de construction de chemins de fer et de ponts. Il a implanté à Roberval un complexe touristique axé sur la pêche à la ouananiche et a organisé des excursions jusqu'à la Grande Décharge. Malheureusement, le feu a détruit en 1908 le Grand Hôtel Roberval qu'il avait aménagé en 1898, mettant ainsi brusquement fin au tourisme de luxe au Lac-Saint-Jean. Perle, Reine du Lac-Saint-Jean, Cité de la traversée et Capitale internationale de la nage, autant de titres de gloire qui mettent en évidence le rôle de cette ville dans le passé et dans le présent, avec la traversée internationale du lac Saint-Jean qui s'y tient annuellement depuis 1955. Roberval est le siège de la MRC du Domaine-du-Roy et d'un centre commercial et de services d'importance régionale. Cette ville est jumelée avec Butare au Rwanda.
Notice biographique
Jean-François de La Rocque de Roberval (Carcassonne, France, vers 1495 – Paris, France, 1560) est un militaire et un explorateur, qui est principalement connu pour avoir été le premier lieutenant-général de la Nouvelle-France, exerçant cette fonction de 1541 à 1543. Issu d’une vieille famille de la noblesse d’épée, La Rocque de Roberval entreprend une carrière militaire en 1513. Dans le contexte des guerres d’Italie (de 1494 à 1559), il s’illustre au cours de plusieurs campagnes, dont le siège de Péronne (en 1536), gagnant la faveur du roi François Ier (1494-1547) en dépit de son adhésion à la foi protestante. La Rocque de Roberval se distingue également en tant qu'ingénieur militaire, participant à la fortification de villes françaises et italiennes, comme Péronne, Turin et Paris.
En 1541, François Ier confie à La Rocque de Roberval la mission d’établir, dans la vallée du Saint-Laurent, la première colonie française en Amérique du Nord. Le lieutenant-général est aussi chargé d’évangéliser les peuples autochtones locaux et de découvrir des métaux précieux ainsi qu’un passage maritime vers l’Asie. L’organisation de l’expédition est onéreuse et présente plusieurs défis logistiques, d’autant plus que la contribution financière royale est limitée. En plus d’amasser les fonds nécessaires, La Rocque de Roberval veille au recrutement de centaines de militaires, de marins, de colons et de condamnés ainsi qu’à l’approvisionnement en vivres et en équipements. En mai 1541, il mandate son second, le célèbre explorateur Jacques Cartier (1491-1557), pour que celui-ci entame l’établissement de la colonie. Au printemps suivant, La Rocque de Roberval quitte la France à son tour avec une flotte de trois navires et quelque 200 membres d’équipage. Il rencontre Jacques Cartier à Terre-Neuve, mais ce dernier, qui a été confronté à un hiver rigoureux et à des attaques des Iroquoiens du Saint-Laurent, décide de poursuivre son chemin pour retourner en France avec une cargaison de minéraux qu’il croit précieux. Au cours de l’été 1542, La Rocque de Roberval arrive à la colonie abandonnée de Charlesbourg-Royal, qu’il renomme France-Roy. Cet établissement est situé dans l’actuel secteur de Cap-Rouge, à Québec. La Rocque de Roberval fait renforcer les deux forts érigés par les hommes de Jacques Cartier et rétablit de bonnes relations avec les Iroquoiens de Stadaconé, puis il explore le territoire, remontant le fleuve Saint-Laurent jusqu’aux rapides de Lachine. Sa quête d’un passage vers l’Asie et de minéraux précieux se révèle toutefois infructueuse. Pendant l’hiver, la jeune colonie est éprouvée par la famine, le froid et le scorbut. L’été 1543 voit des navires arriver de France avec des vivres et un ordre royal de regagner la mère-patrie, alors menacée par l’alliance anglo-espagnole. La Rocque de Roberval doit ainsi mettre un terme à son projet de colonisation.
Bien que ruiné par son aventure au Nouveau Monde, La Rocque de Roberval continue d’offrir de valeureux services militaires à la couronne française jusqu’à son décès. Il exerce aussi la fonction de superintendant des Mines et Minières de France pendant le règne d’Henri II (1519-1559). En 1560, La Rocque de Roberval et plusieurs coreligionnaires sont assassinés par des catholiques à Paris lors d’un massacre qui préfigure les guerres de Religion (de 1562 à 1598). Demeuré pendant longtemps une figure méconnue de notre histoire nationale, La Rocque de Roberval, maître d’œuvre de la première tentative de colonisation française en Amérique du Nord, est aujourd’hui abondamment rappelé dans la toponymie québécoise. Il a également été désigné personnage historique par le gouvernement du Québec en 2025.
Sources
Noms et lieux du Québec, ouvrage de la Commission de toponymie paru en 1994 et 1996 sous la forme d'un dictionnaire illustré imprimé, et sous celle d'un cédérom réalisé par la société Micro-Intel, en 1997, à partir de ce dictionnaire.
Dictionnaire biographique du Canada (consulté en janvier 2026)
Répertoire du patrimoine culturel du Québec (consulté en janvier 2026)
Site Web de l'Encyclopédie canadienne (consulté en janvier 2026)