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Commission de toponymie

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Rivière Saint-François
Alsig8ntegw (Rivière)  - Variante traditionnelle autochtone

Origine et signification Principal cours d'eau de l'Estrie, la rivière Saint-François arrose aussi la région des Bois-Francs, sur la rive sud du fleuve Saint-Laurent, dans lequel elle se jette à la hauteur du lac Saint-Pierre. Elle coule sur près de 200 km depuis le lac Saint-François, une grande nappe d'eau située à 140 km à l'est de son embouchure, dans la MRC des Appalaches. Jusqu'à Sherbrooke, son cours est nord-est – sud-ouest, conforme à la structure appalachienne; de là, il s'oriente sud-est – nord-ouest, en suivant la pente et à travers la plaine du Saint-Laurent.

Souvent désignés sous la forme anglaise St. Francis (Saint Francis) au XIXe et au début du XXe siècle, le lac et la rivière tirent leur nom de François de Lauson, en faveur de qui la Compagnie des Cent-Associés avait accordé, dès 1635, à son père Jean, la seigneurie de La Citière, bornée par ce cours d'eau, comme le mentionne un acte signé de la main du gouverneur de Montmagny en 1638. Selon Maurice O'Bready, la rivière fut d'abord nommée Saint-Antoine en 1632 par les Jésuites. Le Bulletin des Recherches historiques de 1903, puisant son information dans le Registre des Expéditions concernant les Indes Orientales et la Nouvelle-France, 1674, mentionne que ce furent les « Jésuites qui, en 1632, donnèrent le nom de Saint-François à la rivière qu'ils devaient remonter pour se rendre dans cette partie du pays. Par cet acte de religion et de piété, ils mettaient sous la protection de l'apôtre des Indes tout le territoire baigné par les eaux sanctifiées de cette belle rivière ». Pour sa part, Jean de Lauson retient le nom «Rivière Saint-François des Prés» dans la concession de la seigneurie de Saint-François en 1662 à Pierre Boucher de Grosbois. Pour contrer les invasions iroquoises et anglaises, le gouverneur Frontenac fait installer, près de la rivière, en 1682, quelques centaines de familles abénaquises, venues de Nouvelle-Angleterre. Depuis la mission de Saint-François créée peu après, les Abénaquis voyagent fréquemment par la rivière pour leurs activités de chasse et de pêche, construisant des cabanes sur les berges qui ont ensuite longtemps servi de relais. Ils ont dénommé ce cours d'eau Alsigôntekw ou Arsikansegou qui, selon les auteurs, se traduisent dans le premier cas par rivière aux herbes traînantes ou rivière aux coquilles et, dans le second, par rivière où il n'y a plus personne; cette dernière interprétation fait allusion à la période 1690-1693, qui a vu la dispersion des Abénaquis, qui ne sont revenus à cet endroit qu'après 1697. La carte de Guillaume Delisle de 1703 porte le nom «R. S. François». De nombreux colons s'étaient installés dans la seigneurie en bordure du Saint-Laurent. Au début du XIXe siècle, la partie supérieure de la vallée du Saint-François a été ouverte à la colonisation et à l'exploitation forestière, ce qui a graduellement fait fuir le gibier et les Abénaquis qui perdaient ainsi leur source de subsistance.Les nombreuses chutes de la rivière ont favorisé le développement industriel de la région. Des villes telles que East Angus, Lennoxville, Sherbrooke, Windsor, Richmond et Drummondville ont ainsi pris un essor qui se poursuit de nos jours. Long de plus de 25 km et d'une largeur moyenne de 2,5 km, le lac Saint-François est situé à 15 km au sud de Thetford Mines. Près de la moitié de ses rives font partie du parc de récréation de Frontenac. Pour l'essentiel, les berges sont affectées à des activités de villégiature et de loisirs, et ce depuis plusieurs décennies.Un barrage érigé à sa décharge en 1918 régularise ses eaux qui se déversent vers le lac Aylmer. Les Abénaquis désignent le lac Saint-François sous le nom de Ônkobagak, qui se traduit par au lac relié.

Sources

Noms et lieux du Québec, ouvrage de la Commission de toponymie paru en 1994 et 1996 sous la forme d'un dictionnaire illustré imprimé, et sous celle d'un cédérom réalisé par la société Micro-Intel, en 1997, à partir de ce dictionnaire.

Date d'officialisation 1968-12-05

Spécifique Saint-François

Générique (avec ou sans particules de liaison) Rivière

Type d'entité Rivière

Région administrative Centre-du-Québec

Municipalité régionale de comté (MRC) Nicolet-Yamaska

Municipalité Pierreville (Municipalité)

Code géographique de la municipalité 50113

Latitude               Longitude (coord. sexagésimales) 46° 07' 09" -72° 55' 30"

Latitude               Longitude (coord. décimales) 46.11917 -72.925

Carte topographique 1/50 000 31I02

Carte topographique 1/20 000 31I02 -0101

Variante traditionnelle autochtone

  • Alsig8ntegw (Rivière)

    Alsig8ntegw est le nom que les Abénakis, ou W8banakiak en langue abénakise, utilisent pour désigner le cours d’eau dont le nom officiel est Rivière Saint-François.

    Ce cours d'eau, qui est la principale rivière de l'Estrie, arrose aussi le Centre-du-Québec, sur la rive sud du fleuve Saint-Laurent, dans lequel elle se jette à la hauteur du lac Saint-Pierre. Elle parcourt près de 200 km depuis le lac Saint-François, une grande nappe d'eau située à 140 km à l'est de son embouchure, dans la MRC des Appalaches. Jusqu'à Sherbrooke, elle coule dans un axe nord-est–sud-ouest, suivant la structure appalachienne, pour ensuite s'orienter du sud-est vers le nord-ouest, en suivant la pente et à travers la plaine du Saint-Laurent.

    Pour contrer les invasions iroquoises et anglaises, le gouverneur Frontenac avait demandé, en 1682, l’installation, près de cette rivière, de quelques centaines de familles abénakises, venues de Nouvelle-Angleterre. Les Abénakis voyageaient alors fréquemment par ce cours d’eau pour leurs activités de chasse et de pêche, construisant des cabanes sur les berges, qui ont ensuite longtemps servi de relais. Au début du XIXsiècle, la partie supérieure de la vallée du Saint-François a été ouverte à la colonisation et à l'exploitation forestière, ce qui a graduellement fait fuir le gibier qui constituait une source de subsistance traditionnelle pour les Abénakis.

    L’appellation Alsig8ntegw signifie « rivière de la cabane vide » et fait probablement référence aux cabanes qui servaient de relais. Les variantes graphiques Alsig8ntegok et Alsigôntekw ont aussi été relevées. Il est à noter que certains auteurs ont traduit le mot alsig8ntegw par « rivière aux herbes traînantes » ou « rivière aux coquilles ». Le nom Arsikansegou a aussi été relevé. Celui-ci a été traduit par « rivière où il n'y a plus personne »; une allusion à la période de 1690 à 1693, qui a vu la dispersion du peuple abénakis, lequel n’est revenu à cet endroit qu'après 1697. Enfin, notons aussi l’utilisation des autres noms Alsiganteka et Alsiganteku dans certaines sources, toujours pour désigner cette rivière.

    Le caractère « 8 », appelé ou latin, est l’une des 20 lettres de l’alphabet abénakis. Le « 8 » se prononce aon, un mélange des sons an et on.

    Alsig8ntegw se prononce al-sé-gonne-tègue.

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