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Commission de toponymie

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Bon-Désir
Pipounapi (Hameau)  - Variante traditionnelle autochtone

Origine et signification Ce hameau de la municipalité de Bergeronnes est situé sur la rive nord du Saint-Laurent, à 25 km au nord-est de l'embouchure du Saguenay. À l'origine, l'appellation désignait un lieu sis à 5 km plus à l'est. De temps immémoriaux, des bandes amérindiennes venaient camper chaque hiver près d'une anse qu'ils appelaient Pipounapi, ce qui signifie « ici ça ne gèle pas » ou « là où il y a de l'eau l'hiver ». On y chassait les loups marins qui se regroupaient sur les glaces à la dérive le long de la côte nord du fleuve. Des Basques y venaient aussi, au moins à partir du XVIIsiècle, comme en témoignent des vestiges de fours qui servaient à extraire l'huile des baleines et des loups marins. En 1720, le père Laure est si enthousiasmé par les bonnes dispositions des Innus qu'il décide de s'y installer; il fonde une mission qu'il nomme Notre-Dame-de-Bon-Désir, toponyme qui, selon le père Laure lui-même, traduisait le « grand désir » manifesté par les Autochtones pour « apprendre les principes » de la religion. Brouillé avec les commis de la traite, le missionnaire déménagea à Chicoutimi en 1725. Bellin décrit le havre de Bon-Désir en 1761. Un rapport de 1786 indique la présence d'une petite maison en bois rond, d'une cave et d'un hangar. Vers 1830, le cartographe Bayfield n'y aurait retrouvé que la cave, d'où le nom de Cave Cove qu'il inscrit sur sa carte; l'arpenteur Georges Duberger traduit en français ce dernier nom, en 1849, et déplace le toponyme Bon-Désir vers l'ouest, pour désigner une baie que le père Laure avait nommée Ance au Quart, à cause de sa forme de quart de cercle. Le hameau actuel a survécu à un établissement agricole de plus grande importance, en partie détruit par des éboulis en 1864 et en 1896. Un bureau de poste connu sous le nom Bon-Désir y a été ouvert entre 1883 et 1967. Ce toponyme s'applique également à plusieurs autres entités du voisinage : un cap, des rochers ou cayes, un ruisseau, une batture, un phare et un parc.

Sources

Noms et lieux du Québec, ouvrage de la Commission de toponymie paru en 1994 et 1996 sous la forme d'un dictionnaire illustré imprimé, et sous celle d'un cédérom réalisé par la société Micro-Intel, en 1997, à partir de ce dictionnaire.

Date d'officialisation 1968-12-05

Spécifique Bon-Désir

Générique (avec ou sans particules de liaison)

Type d'entité Hameau

Région administrative Côte-Nord

Municipalité régionale de comté (MRC) La Haute-Côte-Nord

Municipalité Les Bergeronnes (Municipalité)

Code géographique de la municipalité 95018

Latitude               Longitude (coord. sexagésimales) 48° 16' 46" -69° 28' 46"

Latitude               Longitude (coord. décimales) 48.27944 -69.47945

Carte topographique 1/50 000 22C06

Carte topographique 1/20 000 22C06 -0101

Variante traditionnelle autochtone

  • Pipounapi (Hameau)

    Pipounapi est le nom que les Essipiunnuat utilisent pour désigner un hameau de la municipalité des Bergeronnes, sur la Côte-Nord, dont le nom officiel est Bon-Désir. Plus précisément, celui-ci se trouve à 6 km au nord-est du village de Grandes-Bergeronnes.

    René Bélanger (1908-2000) et Victor Tremblay (1892-1979), historiens, ont suggéré que Pipounapi signifiait « ici, ça ne gèle pas » ou « là où il y a de l'eau l'hiver ». Pipounapi apparaît plus tôt sur la carte du père Pierre-Michel Laure (1688-1738), dit père Laure, qui l’aurait défini comme un « établissement ou campement d’hiver ». C’est cette dernière définition, aussi mentionnée par les anthropologues José Mailhot et Sylvie Vincent en 1979, qui est aujourd’hui acceptée. Toutes ces traductions comportent un caractère hivernal; en effet, le mot innu pipun veut dire « hiver ». Il est à noter que les formes Pipunapitch, Pipunapi et Pip8napitch ont aussi été relevées.

    De temps immémoriaux, des groupes familiaux venaient camper chaque hiver près de l’anse Pipounapi, située à 2,3 km à l’est-nord-est du hameau de Bon-Désir. On y chassait les loups marins qui se regroupaient sur les glaces à la dérive le long de la côte nord du fleuve. En 1720, le père Laure était si enthousiasmé par les bonnes dispositions des Innus qu'il a décidé de s'y installer. Il y a fondé une mission qu'il a nommée Notre-Dame-de-Bon-Désir, évoquant ainsi le « grand désir » manifesté par les Autochtones d’« apprendre les principes » de la religion chrétienne.

    Pipounapi se prononce pi-pou-na-pi.

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