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Commission de toponymie

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Rue Mazarin


Origine et signification Cette voie de communication se trouve dans l’arrondissement du Sud-Ouest, à Montréal. Son nom rappelle le souvenir du cardinal Jules Mazarin.

Date d'attribution du nom : 27 mai 1912.


Notice biographique

Le cardinal Jules Mazarin (Pescina, Italie, 1602 – Vincennes, France, 1661), ou Giulio Mazarini en italien, est un prélat, diplomate et homme d'État français d'origine italienne, qui a été, de 1642 à 1661, le principal ministre de Louis XIII (1601-1643), puis de Louis XIV (1638-1715). Issu d'une famille qui est au service de la dynastie romaine des Colonna, il étudie le droit canon à Rome et en Espagne avant d'être nommé capitaine dans l'armée pontificale en 1623, puis d'exercer des fonctions diplomatiques pour le Saint-Siège à compter de 1628. Jules Mazarin impressionne le cardinal de Richelieu (1585-1642), alors principal ministre de Louis XIII, en jouant un rôle décisif pendant les négociations entre la France et l'Espagne qui visent à mettre un terme à la guerre de Succession de Mantoue (de 1628 à 1631). La rencontre avec ce puissant personnage transforme le destin du jeune diplomate, qui devient son protégé. À la suite de l'entrée de la France, pourtant un royaume catholique, dans la guerre de Trente Ans (de 1618 à 1648) aux côtés des protestants en 1635, Jules Mazarin se fait l'avocat de la cause française à Rome. En 1639, il se met officiellement au service du cardinal de Richelieu et adopte la nationalité française. Ayant accompli diverses missions diplomatiques pour le compte de la France, Jules Mazarin – qui n'a jamais été ordonné prêtre – est nommé cardinal en 1641, puis il est choisi pour succéder à son mentor comme principal ministre l'année suivante. 

Louis XIII décède toutefois quelques mois après le cardinal de Richelieu alors que son héritier n'a que quatre ans. Rapidement devenu le confident de la régente Anne d'Autriche (1601-1666), Jules Mazarin se retrouve confronté à la gestion d'un royaume en guerre qui est rendu vulnérable par la perspective d'une longue régence. Les victoires décisives des brillants généraux Louis II de Bourbon-Condé (1621-1686), dit le Grand Condé, et Henri de La Tour d'Auvergne (1611-1675), dit Turenne, lors des batailles de Rocroi (en 1643), de Fribourg (en 1644) et de Lens (en 1648) permettent néanmoins à la France d'obtenir une position de force à l'occasion des négociations qui mènent à la signature de la paix de Westphalie et à la fin de la guerre de Trente Ans. Toutefois, le conflit contre l'Espagne se poursuit, imposant de lourdes mesures fiscales tandis que plusieurs aristocrates et parlementaires décrient les politiques absolutistes du cardinal Mazarin et jalousent le pouvoir confié à ce roturier d'origine étrangère. Ces griefs constituent la source d'une période d'importants troubles intérieurs : la Fronde (de 1648 à 1653). Cette révolte nobiliaire prend particulièrement son envol lorsque le Grand Condé, héros de la guerre de Trente Ans, défie la régence en 1650. L'année suivante, Jules Mazarin est même contraint de s'exiler à Brühl, en Allemagne, mais il continue de gouverner par le biais de lettres envoyées à la reine mère et à ses collaborateurs. Les manœuvres politiques du cardinal et les victoires de l'armée royaliste de Turenne permettent le retour triomphal de Louis XIV à Paris en 1652. Contraint à l'exil, le Grand Condé entre alors au service des Habsbourg et est à nouveau défait par Turenne lors de la bataille des Dunes (en 1658), qui met enfin un terme à la guerre entre la France et l'Espagne. Le mariage, négocié par Jules Mazarin, entre Louis XIV et la princesse espagnole Marie-Thérèse (1638-1683) scelle la paix entre les deux royaumes.

Au cours de son mandat en tant que principal ministre, Jules Mazarin a poursuivi avec succès les politiques du cardinal de Richelieu. La victoire de la France sur les Habsbourg du Saint-Empire et de l'Espagne lui permet d'acquérir quatre nouvelles provinces – l'Alsace, l'Artois, la Cerdagne et le Roussillon – et, surtout, de s'imposer comme la première puissance européenne. Devenue l'arbitre de l'Europe, elle chapeaute notamment les négociations de paix menant à la conclusion de la première guerre du Nord (de 1655 à 1660). De plus, le cardinal Mazarin parachève les efforts entrepris dans le but d'affirmer l'autorité royale, mâtant au passage la dernière grande révolte nobiliaire et préparant ainsi l'absolutisme du règne de Louis XIV. D'ailleurs, son rôle dans l'éducation du jeune souverain, qu'il associe graduellement au gouvernement du royaume, ne peut être passé sous silence. À son décès, Jules Mazarin, qui a jeté les bases de la grandeur du règne du Roi-Soleil, lui lègue une France pacifiée et victorieuse. Jean-Baptiste Colbert (1619-1683), qu'il avait introduit auprès du roi, sera son successeur informel.

Important collectionneur d'œuvres d'art et de livres, le cardinal Mazarin fonde notamment la bibliothèque Mazarine – la première bibliothèque publique de France –, le collège des Quatre-Nations, devenu l'Institut national de France, et l'Académie royale de peinture et de sculpture. Soulignons cependant que Jules Mazarin s'est peu occupé des affaires de la Nouvelle-France comparativement au cardinal de Richelieu et à Jean-Baptiste Colbert, ce qui pourrait expliquer pourquoi il est beaucoup moins rappelé dans la toponymie québécoise que ceux-ci. 

Sources

Les rues de Montréal : répertoire historique, 1995.
Site Web de l'Encyclopédie Britannica (consulté en janvier 2025)
Site Web de l'Encyclopédie Larousse (consulté en janvier 2025)
Site Web de l'Encyclopédie Universalis (consulté en janvier 2025)

Date d'officialisation 1990-01-25

Spécifique Mazarin

Générique (avec ou sans particules de liaison) Rue

Type d'entité Rue

Région administrative Montréal

Municipalité régionale de comté (MRC) Hors MRC

Municipalité Montréal (Ville) (Montréal)

Code géographique de la municipalité 66023

Dans une adresse, on écrirait, par exemple : 10, rue Mazarin

Sur un panneau de signalisation routière, on écrirait, par exemple : Rue Mazarin

Le nom en rouge correspond à la municipalité qui existait avant les fusions municipales. Dans une adresse, il faut continuer d'utiliser le nom de cette ancienne municipalité.

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