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Commission de toponymie

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L'Acadie

Origine et signification Depuis le 24 janvier 2001, la municipalité de L'Acadie, la municipalité de la paroisse de Saint-Athanase ainsi que les villes d'Iberville, de Saint-Jean-sur-Richelieu et de Saint-Luc se sont regroupées pour constituer une nouvelle ville désignée sous le nom Saint-Jean-Iberville, laquelle a changé de nom pour celui de Saint-Jean-sur-Richelieu, le 26 mai 2001. L'appellation L'Acadie a toutefois été préservée et elle identifie maintenant un secteur correspondant au noyau habité de l'ancienne municipalité du même nom. 

Lors de sa création officielle en 1845, l'ancienne municipalité de L'Acadie portait le nom de Sainte-Marguerite-de-Blairfindie – le même que celui de la paroisse érigée canoniquement en 1831 et civilement en 1835 –, en rappel de la famille de David Alexander Grant, un pionnier originaire de la localité écossaise de Blairfindie qui avait épousé, en 1781, Marie-Charles-Joseph Le Moyne de Longueuil (1756-1841), propriétaire de la seigneurie de Longueuil. Or, une partie du territoire de Blairfindie appartenait à cette seigneurie. Ultérieurement, l'ancienne municipalité a pris le nom du bureau de poste, sous la forme Lacadie (1926), dont la graphie a été rectifiée en 1976, en L'Acadie. Toutefois, le territoire avait antérieurement été, vers 1750, identifié sous la dénomination de Petite-Rivière-de-Montréal, nom primitif de la rivière L'Acadie. 

L'arrivée de gens venant de l'ancienne Acadie, aujourd'hui la Nouvelle-Écosse, en 1768, a suscité les appellations La Cadie, La Petite Cadie, La Nouvelle Cadie, avant que Lacadie ne s'impose au milieu du XIXe siècle. Dès 1829, un comté électoral répondant au nom de L'Acadie était créé, suivi d'un bureau de poste identiquement dénommé en 1835. Par ailleurs, dans les actes d'érection canonique et civile de la paroisse de Sainte-Marguerite-de-Blairfindie, on signale la « concession appelée Petite Acadie ». L'Acadie constitue la première paroisse habitée du Haut-Richelieu historiquement et a précieusement conservé la plus ancienne église construite en 1806. Le village de L'Acadie n'est pas peu fier localement d'avoir été le siège de la première filature québécoise de laine établie en 1827. Le précieux souvenir des ancêtres acadiens est enchâssé dans des toponymes comme Rue des Acadiens et Chemin de Grand-Pré

Les Acadiens forment le peuple issu des premiers colons français en Amérique du Nord qui se sont installés dans les actuelles provinces canadiennes du Nouveau-Brunswick, de la Nouvelle-Écosse et de l'Île-du-Prince-Édouard à compter du début du XVIIe siècle. Le nom Acadie désigne encore, au tournant des années 2020, le territoire où se retrouve la majorité de la population d'origine française de ces trois provinces maritimes du Canada. Environ 300 000 Acadiens habitent toujours ce territoire tandis que près de 3 millions de personnes d'ascendance acadienne seraient réparties à travers l'Amérique du Nord. 

Notons que l'origine du toponyme Acadie remonte à l'attribution, en 1524, du nom Arcadie à une région de la côte est des États-Unis, à la hauteur de la Virginie et du Maryland, par l'explorateur florentin Giovanni da Verrazzano (vers 1485-1528). Cette appellation se voulait une allusion à une région de la Grèce, souvent présentée comme la contrée par excellence de la sérénité et du bonheur. L'historien Marcel Trudel (1917-2011) souligne qu'Arcadie est un « toponyme qu'on transportera vers le nord pour le transformer, sous l'influence de consonances micmaques, en Acadie ». Déjà en 1599, la forme Acadie figure dans les lettres patentes du lieutenant-général de la Nouvelle-France Pierre de Chauvin de Tonnetuit (avant 1575-1603), puis, en 1604, Samuel de Champlain (vers 1574-1635) fixe l'orthographe actuelle en laissant définitivement tomber le « r ».  

Si l'Acadie est explorée par Jacques Cartier (1491-1557) dès 1534, c'est seulement en 1604 que Pierre Dugua de Mons (vers 1560-1628) et Samuel de Champlain tentent d'y fonder la première colonie française permanente en Amérique du Nord. Après avoir hiverné à l'île Sainte-Croix, ils s'établissent l'année suivante à Port-Royal, aujourd'hui Annapolis Royal en Nouvelle-Écosse, mais cette première colonie s'avère éphémère. Après une période de domination britannique, l'Acadie revient dans le giron français en 1632. Les gouverneurs successifs s'emploient à développer la colonie. De nombreuses familles venant surtout de l'ouest de la France, entre autres du Poitou, de la Touraine et de la Basse-Bretagne, peuplent progressivement la région au cours du XVIIe siècle. Or, territoire d'importance stratégique, l'Acadie est l'objet d'une âpre rivalité entre la France et la Grande-Bretagne, auxquelles elle appartient tour à tour. Finalement, en 1713, la majorité de l'Acadie passe aux mains des Britanniques en vertu du Traité d'Utrecht. 

Plutôt que d'immigrer dans les colonies françaises de Louisbourg ou de l'île Saint-Jean (aujourd'hui l'île du Prince-Édouard), la plupart des Acadiens restent sur le territoire de la Nouvelle-Écosse, où ils bénéficient d'une grande autonomie pendant quelques décennies. Toutefois, en raison de tensions continues avec la France, la Grande-Bretagne s'efforce, à partir du début des années 1750, de peupler la Nouvelle-Écosse et de résoudre la question de la menace d'une rébellion acadienne. Survient alors la Déportation des Acadiens – aussi connue sous l'appellation Grand Dérangement –, dont la première vague commence en 1755 pour se terminer en 1763. Les Acadiens qui refusent de prêter serment d'allégeance à la Couronne britannique sont déportés dans les Treize Colonies – au total, plus d'une dizaine de milliers d'entre eux le seront. Certains exilés quittent les Treize Colonies pour se réfugier en Louisiane. Ces Acadiens d'origine s'appellent aujourd'hui les Cadiens. D'autres réussissent à s'enfuir en territoire français et s'établissent au Québec. Plus de la moitié des Québécois auraient au moins un ancêtre acadien. Notons qu'en 1763, le Traité de Paris voit la France céder l'ensemble des Maritimes aux Britanniques, marquant la fin définitive de l'Acadie française. 

La nouvelle situation géopolitique permet progressivement aux Acadiens de revenir s'établir dans les Maritimes. La majorité de ceux qui rentrent ainsi d'exil s'installent au Nouveau-Brunswick. Bien que longtemps marginalisés économiquement et politiquement en raison de leur langue et de leur religion, les Acadiens réussissent à garder leur culture vivante et commencent à s'affirmer comme peuple pendant la période de la renaissance acadienne (1850-1881). Organisées à partir de 1881, les Conventions nationales acadiennes leur permettent de se doter d'un drapeau, d'une fête nationale – laquelle se tient le 15 août – et d'un hymne national, l'Ave Maris Stella. Ce mouvement d'affirmation atteint notamment un sommet avec la reconnaissance, sous le gouvernement de Louis Robichaud (1925-2005), du Nouveau-Brunswick comme province officiellement bilingue en 1969.

Sources

Site Web Bibliothèque et Archives Canada (consulté le 11-02-2022)
Site Web de l'Encyclopédie canadienne (consulté le 11-02-2022)

Date d'officialisation 2001-06-05

Spécifique L'Acadie

Générique (avec ou sans particules de liaison)

Type d'entité Secteur

Région administrative Montérégie

Municipalité régionale de comté (MRC) Le Haut-Richelieu

Municipalité Saint-Jean-sur-Richelieu (Ville)

Code géographique de la municipalité 56083

Latitude               Longitude (coord. sexagésimales) 45° 18' 50" -73° 20' 45"

Latitude               Longitude (coord. décimales) 45.31389 -73.34583

Carte topographique 1/50 000 31H06

Carte topographique 1/20 000 31H06 -0101

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