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Commission de toponymie

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Louiseville

Origine et signification Cette ville de la Mauricie est située à la hauteur du lac Saint-Pierre, à 98 km au nord-est de Montréal, entre Saint-Joseph-de-Maskinongé et Yamachiche. Notons qu'elle faisait jadis partie de la seigneurie de la Rivière-du-Loup, qui tire son appellation d'un cours d'eau local.

Créée en 1665 et concédée en 1672 à Charles Dugey Rozoy de Mannereuil, officier du régiment de Carignan, par l'intendant Jean Talon (1626-1694), la seigneurie, qui a porté un temps le nom de Rivière-Mannereuil, a adopté celui de Rivière-du-Loup, figurant sur un croquis de Talon en 1665, après qu'elle eut été retirée à son propriétaire qui ne s'en occupait guère. Elle a donné son nom à la municipalité de paroisse créée en 1855 sous la dénomination de Saint-Antoine-de-la-Rivière-du-Loup, laquelle avait été précédée en 1845 de celle de la Rivière-du-Loup-en-Haut, abolie en 1847. Ce sont les premiers desservants de la mission, des Récollets, qui ont placé la nouvelle paroisse, fondée en 1714, sous le patronage de saint Antoine de Padoue en dépit d'une tentative de la part des Ursulines, propriétaires de la seigneurie en 1722, pour modifier la dénomination en Saint-Antoine-de-la-Rivière-Saint-Jean. Reconnu comme l'un des plus savants prédicateurs de son temps, saint Antoine de Padoue (1195-1231), religieux franciscain, a parcouru la France, l'Italie et même l'Afrique. Ce thaumaturge populaire est invoqué comme patron de ceux qui recherchent des objets perdus. Quant au spécifique Rivière-du-Loup, également attribué à la municipalité de village créée en 1878, qui allait devenir l'année suivante Louiseville, il évoque la rivière du Loup, dont la dénomination amérindienne ancienne était Mahigan Sipi(y), « rivière du loup ». En 1609, Samuel de Champlain (vers 1574-1635) a baptisé ce cours d'eau Rivière Sainte-Suzanne, alors que les Autochtones le connaissaient sous le nom de Rivière Croche (Abamasic) en raison de ses nombreux méandres. On a avancé l'hypothèse que des loups marins remontaient autrefois jusqu'à son embouchure pour justifier cette appellation, alors que certains pensent que le peuple amérindien des Loups aurait fréquenté les environs et laissé son nom. Suivant une autre hypothèse, la présence de mammifères carnivores jadis en ces lieux justifierait la dénomination. 

La confusion suscitée par l'existence d'une autre ville dénommée Rivière-du-Loup, dans la région du Bas-Saint-Laurent, a sûrement joué un rôle dans la rapide modification dénominative intervenue dès 1879 en faveur de Louiseville. La princesse Louise (1848-1939), quatrième fille de la reine Victoria (1819-1901), avait projeté de visiter cet endroit cette année-là. Celle-ci était l'épouse de John Douglas Sutherland Campbell, marquis de Lorne et 9e duc d’Argyll (1845-1914), qui a été gouverneur général du Canada de 1878 à 1883. Le couple vice-royal avait visité le Canada en 1878, mais son intention de se rendre en Mauricie ne connut pas de suite. Par ailleurs, on a, pendant un certain temps, distingué l'actuelle Rivière-du-Loup, anciennement Fraserville, en l'identifiant comme Rivière-du-Loup-en-Bas, alors que Louiseville était connue comme Rivière-du-Loup-en-Haut, nom du bureau de poste entre 1816 et 1880, modifié en Louiseville cette année-là.

Centre industriel prospère dressé au milieu des champs de la plaine, Louiseville a considérablement augmenté sa superficie grâce à la fusion intervenue entre celle-ci et Saint-Antoine-de-la-Rivière-du-Loup en 1989. La périphérie de l'ex-territoire de Louiseville est composée d'un sol de nature mouvante, qui provoque avec régularité des éboulis assez impressionnants. Les Louisevillois font preuve d'un tel sentiment d'hospitalité que la ville a reçu le titre incontesté d'Hôtesse de la Mauricie. Le blason Magouas, popularisé par les écrits de Jacques Ferron (1921-1985) et d'origine vaguement amérindienne, identifie les citoyens qui habitent les quartiers périphériques. Louiseville entretient des liens avec Soissons en France dans le cadre d'un accord de jumelage.

Notice biographique

La princesse Louise Caroline Alberta (Londres, Angleterre, 1848 – id., 1939) est la quatrième fille de la reine Victoria (1819-1901) et du prince Albert de Saxe-Cobourg-Gotha (1819-1861). Manifestant un grand intérêt pour les arts dès sa jeunesse, elle s’inscrit en 1863 à la National Art Training School pour étudier la sculpture, devenant la première princesse britannique à suivre des cours dans un établissement d’enseignement public. Elle exerce la fonction de secrétaire particulière de la reine de 1866 à 1871. À compter de cette période, la princesse Louise soutient diverses causes telles que l’accès des femmes à l’éducation et l’aide aux femmes défavorisées. En 1871, elle épouse John Douglas Sutherland Campbell, marquis de Lorne et 9e duc d’Argyll (1845-1914). Leur union constitue le premier mariage entre une princesse britannique et un sujet de la couronne depuis plus de trois siècles.

La princesse Louise accompagne son mari au Canada à la suite de sa nomination comme gouverneur général de ce pays en 1878. Elle est ainsi la première femme de la famille royale à séjourner dans le dominion. Le couple est bien accueilli par la population, et son intérêt manifeste pour la culture canadienne ne fait qu’accroître sa popularité. Mécène des arts, la princesse Louise joue d’ailleurs un rôle important dans la fondation, en 1880, de l’Académie royale des arts du Canada et du Musée des beaux-arts du Canada par le marquis de Lorne. Elle tâche aussi, grâce à sa maîtrise du français, d’établir un pont entre les élites francophones et anglophones. En 1882, après s’être rétablie d’un grave accident de carriole survenu à l’hiver 1880, la princesse Louise visite, dans le contexte de la construction du chemin de fer transcontinental, la Colombie-Britannique, une première pour un membre de la famille royale. Vu la popularité de son épouse, Lorne propose de donner son nom à la région qui deviendra la province de l’Alberta.

Au terme du mandat de son mari en 1883, la princesse Louise regagne le Royaume-Uni, où elle poursuit ses activités artistiques et philanthropiques pendant plusieurs décennies. Parmi ses œuvres les plus connues, on compte une sculpture de la reine Victoria dans ses habits de couronnement, qui se trouve aux jardins de Kensington, et un monument en l’honneur des troupes coloniales tombées au champ d’honneur pendant la guerre des Boers (de 1899 à 1902), exposé dans la cathédrale Saint-Paul de Londres. Manifestant un attachement durable pour le Canada, la princesse Louise continue d’y encourager les arts et contribue à organiser l’aide médicale offerte aux soldats canadiens lors de la rébellion du Nord-Ouest (en 1885) et de la Première Guerre mondiale (de 1914 à 1918).

Sources

Noms et lieux du Québec, ouvrage de la Commission de toponymie paru en 1994 et 1996 sous la forme d'un dictionnaire illustré imprimé, et sous celle d'un cédérom réalisé par la société Micro-Intel, en 1997, à partir de ce dictionnaire.
Dictionnaire biographique du Canada (consulté en décembre 2025)
Site Web de l'Encyclopédie canadienne (consulté en décembre 2025)

Date d'officialisation 1968-12-05

Spécifique Louiseville

Générique (avec ou sans particules de liaison)

Type d'entité Ville

Région administrative Mauricie

Municipalité régionale de comté (MRC) Maskinongé

Municipalité Louiseville (Ville)

Code géographique de la municipalité 51015

Latitude               Longitude (coord. sexagésimales) 46° 15' 20" -72° 56' 32"

Latitude               Longitude (coord. décimales) 46.25578 -72.94241

Carte topographique 1/50 000 31I/07

Carte topographique 1/20 000 31I/07-0101

Ancien nom officiel

  • Saint-Antoine-de-la-Rivière-du-Loup  (Municipalité)

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