Origine et signification
Il est à noter que cette ville n'existe plus depuis le 5 mai 2010. En effet, à cette date, les villes de Cabano et de Notre-Dame-du-Lac se regroupaient pour constituer une nouvelle ville désignée sous le nom temporaire Cabano–Notre-Dame-du-Lac, modifié pour Témiscouata-sur-le-Lac le 13 novembre 2010. L'appellation Cabano a toutefois été préservée et elle identifie maintenant un secteur correspondant au territoire de l'ancienne ville du même nom. Le texte qui suit est celui qui avait été rédigé pour décrire l'ancienne ville de Cabano.
La dénomination Cabano, attribuée d'abord à un lac et à une rivière de la région de Témiscouata, a également été appliquée à un canton proclamé en 1866, à un bureau de poste ouvert en 1898 et à une municipalité érigée en 1907 au sud-est de Rivière-du-Loup. Elle remonterait aux premiers temps de la colonie et identifiait un plan d'eau officiellement dénommé Lac Long présentement, puis aurait été transférée à la rivière à l'embouchure de laquelle la ville de Cabano a été installée. Le lac aurait été dénommé Cabaneau en raison de la forme des montagnes qui l'entourent lui conférant l'apparence d'une cabane ou cabanon de castor; le graphème eau s'est par la suite transformé en o. Certains croient qu'il faut plutôt rapprocher ce nom d'un terme d'origine autochtone, wabano, qui signifie « petite cabane », « abri temporaire pour la chasse ou pour la guerre », mais ce mot a pour sens en algonquin, « sorcier ». Au cours des ans, l'endroit, d'abord connu sous le nom Poste du Lac ou Fort Ingall (milieu du XIXe siècle), a vu son statut modifié à quelques reprises : municipalité de la paroisse de Saint-Mathias-de-Cabano (1907) – nom repris de celui de la paroisse fondée en 1898 –, municipalité du village de Cabano (1923) et ville de Cabano (1962). Par ailleurs, Saint-Mathias-de-Cabano et Cabano ont fusionné en 1969.
L'attrait historique majeur du lieu demeure sans contredit le fort Ingall, érigé sur les bords du lac Témiscouata à compter de 1839, à l'occasion du conflit ayant pour objet la détermination des frontières du Nouveau-Brunswick et du Maine, afin de prévenir l'invasion américaine. Cette forteresse a été construite par André Morin de Saint-André, sous la direction du lieutenant Lennox Ingall qui lui a donné son nom, mais n'a jamais servi, car le traité Ashburton-Webster signé le 9 août 1842, permettait le règlement de plusieurs litiges relatifs à la frontière canado-étasunienne. Restauré en 1977, le fort Ingall avait été reconnu comme site archéologique et historique en 1975. Les Cabanois sont surnommés les Bleuets de Cabano parce que autrefois ce fruit se retrouvait en abondance sur le territoire. Nul doute que l'incendie majeur de 1950 qui a rasé près de 125 maisons a contribué également à l'éclosion du petit fruit, favorisée, soutient-on, par le feu.
Sources
Noms et lieux du Québec, ouvrage de la Commission de toponymie paru en 1994 et 1996 sous la forme d'un dictionnaire illustré imprimé, et sous celle d'un cédérom réalisé par la société Micro-Intel, en 1997, à partir de ce dictionnaire.