Logo du gouvernement du Québec.
Commission de toponymie

Retour aux résultats Version imprimable







Rue de l'Acadie


Origine et signification Cette voie de communication se trouve Otterburn Park, en Montérégie. Son nom fait référence à la patrie du peuple acadien.

Les Acadiens forment le peuple issu des premiers colons français en Amérique du Nord qui se sont installés dans les actuelles provinces canadiennes du Nouveau-Brunswick, de la Nouvelle-Écosse et de l’Île-du-Prince-Édouard à compter du début du XVIIe siècle. Le nom Acadie désigne encore, au tournant des années 2020, le territoire où se retrouve la majorité de la population d’origine française de ces trois provinces maritimes du Canada. Environ 300 000 Acadiens habitent toujours ce territoire tandis que près de 3 millions de personnes d’ascendance acadienne seraient réparties à travers l’Amérique du Nord. 

Notons que l’origine du toponyme Acadie remonte à l’attribution, en 1524, du nom Arcadie à une région de la côte est des États-Unis, à la hauteur de la Virginie et du Maryland, par l’explorateur florentin Giovanni da Verrazzano (vers 1485-1528). Cette appellation se voulait une allusion à une région de la Grèce, souvent présentée comme la contrée par excellence de la sérénité et du bonheur. L’historien Marcel Trudel (1917-2011) souligne qu’Arcadie est un « toponyme qu’on transportera vers le nord pour le transformer, sous l’influence de consonances micmaques, en Acadie ». Déjà en 1599, la forme Acadie figure dans les lettres patentes du lieutenant-général de la Nouvelle-France Pierre de Chauvin de Tonnetuit (avant 1575-1603), puis, en 1604, Samuel de Champlain (vers 1574-1635) fixe l’orthographe actuelle en laissant définitivement tomber le « r ».  

Si l’Acadie est explorée par Jacques Cartier (1491-1557) dès 1534, c’est seulement en 1604 que Pierre Dugua de Mons (vers 1560-1628) et Samuel de Champlain tentent d’y fonder la première colonie française permanente en Amérique du Nord. Après avoir hiverné à l’île Sainte-Croix, ils s’établissent l’année suivante à Port-Royal, aujourd’hui Annapolis Royal en Nouvelle-Écosse, mais cette première colonie s’avère éphémère. Après une période de domination britannique, l’Acadie revient dans le giron français en 1632. Les gouverneurs successifs s’emploient à développer la colonie. De nombreuses familles venant surtout de l’ouest de la France, entre autres du Poitou, de la Touraine et de la Basse-Bretagne, peuplent progressivement la région au cours du XVIIe siècle. Or, territoire d’importance stratégique, l’Acadie est l’objet d’une âpre rivalité entre la France et la Grande-Bretagne, auxquelles elle appartient tour à tour. Finalement, en 1713, la majorité de l’Acadie passe aux mains des Britanniques en vertu du Traité d’Utrecht. 

Plutôt que d’immigrer dans les colonies françaises de Louisbourg ou de l’île Saint-Jean (aujourd’hui l’île du Prince-Édouard), la plupart des Acadiens restent sur le territoire de la Nouvelle-Écosse, où ils bénéficient d’une grande autonomie pendant quelques décennies. Toutefois, en raison de tensions continues avec la France, la Grande-Bretagne s’efforce, à partir du début des années 1750, de peupler la Nouvelle-Écosse et de résoudre la question de la menace d’une rébellion acadienne. Survient alors la Déportation des Acadiens – aussi connue sous l’appellation Grand Dérangement –, dont la première vague commence en 1755 pour se terminer en 1763. Les Acadiens qui refusent de prêter serment d’allégeance à la Couronne britannique sont déportés dans les Treize Colonies – au total, plus d’une dizaine de milliers d’entre eux le seront. Certains exilés quittent les Treize Colonies pour se réfugier en Louisiane. Ces Acadiens d’origine s’appellent aujourd’hui les Cadiens. D’autres réussissent à s’enfuir en territoire français et s’établissent au Québec. Plus de la moitié des Québécois auraient au moins un ancêtre acadien. Notons qu’en 1763, le Traité de Paris voit la France céder l’ensemble des Maritimes aux Britanniques, marquant la fin définitive de l’Acadie française. 

La nouvelle situation géopolitique permet progressivement aux Acadiens de revenir s’établir dans les Maritimes. La majorité de ceux qui rentrent ainsi d’exil s’installent au Nouveau-Brunswick. Bien que longtemps marginalisés économiquement et politiquement en raison de leur langue et de leur religion, les Acadiens réussissent à garder leur culture vivante et commencent à s’affirmer comme peuple pendant la période de la renaissance acadienne (1850-1881). Organisées à partir de 1881, les Conventions nationales acadiennes leur permettent de se doter d’un drapeau, d’une fête nationale – laquelle se tient le 15 août – et d’un hymne national, l’Ave Maris Stella. Ce mouvement d’affirmation atteint notamment un sommet avec la reconnaissance, sous le gouvernement de Louis Robichaud (1925-2005), du Nouveau-Brunswick comme province officiellement bilingue en 1969.

Sources

Répertoire des noms de rues de la Ville de Pierrefonds, 1996.

Site Web Bibliothèque et Archives Canada (consulté le 11-02-2022)
Site Web de l'Encyclopédie canadienne (consulté le 11-02-2022)

Date d'officialisation 1997-03-25

Spécifique Acadie

Générique (avec ou sans particules de liaison) Rue de l'

Type d'entité Rue

Région administrative Montérégie

Municipalité régionale de comté (MRC) La Vallée-du-Richelieu

Municipalité Otterburn Park (Ville)

Code géographique de la municipalité 57030

Dans une adresse, on écrirait, par exemple : 10, rue de l'Acadie

Sur un panneau de signalisation routière, on écrirait, par exemple : Rue de l'Acadie

Nouvelle recherche

English  |  Español