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Commission de toponymie

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Lac Chibougamau
Uchepukumuuw-Saakahikan (Lac)  - Variante traditionnelle autochtone

Origine et signification Ce lac, d’une superficie d’environ 210 km2, est situé en Jamésie, dans le Nord-du-Québec. Il s’étend principalement sur le territoire de la ville de Chibougamau, bien que quelques-unes de ses échancrures se trouvent sur celui du gouvernement régional d’Eeyou Istchee Baie-James. Parsemé d'îles et entrecoupé de pointes, le lac Chibougamau présente une configuration irrégulière. Il reçoit notamment les eaux de la rivière Armitage, de la rivière Nepton, de la rivière Énard et de la rivière France. Il se décharge dans la rivière Waswanipi par la rivière Chibougamau.


Les noms Chibougamau et Oujé-Bougoumou de même que leurs multiples variantes graphiques auraient une origine commune. Chibougamau a été rapproché du cri et de l’innu, deux langues du même continuum linguistique. Les variantes graphiques de ce nom qui ont été relevées pour désigner des entités géographiques du Nord-du-Québec sont Rapaumaw (1825) – le r était employé pour représenter le son c –, Utsissagamo (1832), Chibogomou (1872), Chibogomo (1897), Chibougamoo (1897), Chibougamow (1897), Chibougomoo (1899), Chibougamou (1900), Chebougamou (1901), Chibogamo (1905), Chibougamau (1905) et Chibougamo (1906). À ces variantes s’ajoutent celles qui sont issues du nom de la Première Nation crie d’Oujé-Bougoumou : UcepAkUmu (1963), Oujibogamau (1985), Oujé-Bougoumou, (1986), Oujé/Bougoumou (1987), Ouje-Bougoumou (1987), Ouje Bougoumou (1989) et Ouj-Bougoumou (1990).

La signification des noms Chibougamau et Oujé-Bougoumou est incertaine et fait l’objet de plusieurs hypothèses. La première, souvent évoquée et probablement issue du folklore local, est que ces deux noms signifient « lieu de rassemblement ». Dans la mesure où cette définition ne s’explique par aucun des morphèmes de ces noms, il serait juste de croire qu’il s’agit d’une explication mettant en valeur l’importance du lieu plutôt que d’une analyse étymologique. Une seconde hypothèse rapproche ces noms des mots cris cipukamiw ou cipukamaaw, qui signifient « lac bloqué ». Ces noms feraient probablement référence à l’étroitesse d’un passage. C’est d’ailleurs la signification que propose le père George Lemoine dans son Dictionnaire français-montagnais (1901) à partir du mot innu tshipogamau. Une troisième hypothèse vient de l’arpenteur Joseph Bouchette, qui, dans A topographical dictionary of the province of Lower Canada (1832), a traduit utsissagomo par vomiting lake, qu’Isaïe Nantais, secrétaire de la Commission de géographie, a traduit en 1952 par lac aux vomissements.

Certaines formes se rapprochant des noms Chibougamau et Oujé-Bougoumou ont été relevées pour désigner des lieux de l’Abitibi et proviendraient plutôt de l’algonquin, une langue d’un autre continuum linguistique de la famille algonquienne. Parmi celles-ci, notons Shabagamog (1896), Shabogamog (1896), Shibogama (1896), Shabogama (1901), Shabokama (1901), Shobokoma (1908), Shobogoma (1913), Shabokoma (1969), Cabogamak (1986) et Shabogamak (2011). Le lac Parent est un lieu désigné par l’une de ces variantes algonquines, que Henry O’Sullivan, qui a exploré la région en 1894, a proposé de traduire par rivière traversant le bord du lac. Enfin, notons que des noms équivalents, qui ont été relevés pour désigner des lieux de l’Ontario, proviendraient de l’oji-cri.

Les Cris préfèrent aujourd’hui employer le nom Uchepukumuu (Uchepukumû), ou encore Uchepukamuu (Uchepukamû), des mots cris cipukamiw ou cipukamaaw, qui signifient « lac bloqué ».

Sources

Noms et lieux du Québec, ouvrage de la Commission de toponymie paru en 1994 et 1996 sous la forme d'un dictionnaire illustré imprimé, et sous celle d'un cédérom réalisé par la société Micro-Intel, en 1997, à partir de ce dictionnaire.
« 31 millions $ pour un nouveau village cri », Le Soleil, 26 décembre 1990, p. A-4.
BOUCHETTE, Joseph. A topographical dictionary of the province of Lower Canada, [En ligne], Londres, Longman, Rees, Orme, Brown, Green and Longman, 1832, 360 p. [https://archive.org/details/topographicaldic00bouc/page/n359/mode/2up].
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« Propos orthographiques sur Chibougamau », L’Action catholique, [En ligne], 18 mars 1952, p. 3. [https://collections.banq.qc.ca/ark:/52327/3525553].
ROGERS, Edward S. The Hunting Group – Hunting Territory Complex among the Mistassini Indians, 1963.
ROUILLARD, Eugène. Noms géographiques de la province de Québec et des provinces maritimes empruntés aux langues sauvages, Québec, [En ligne], Éditions Marcotte, 1906, 110 p. [https://collections.banq.qc.ca/ark:/52327/3254887].
SIMON, Cathy. « Discrimination a live issue in Indian-white relations », The Record, Sherbrooke, 16 septembre 1987, p. 4.

Date d'officialisation 1968-12-05

Spécifique Chibougamau

Générique (avec ou sans particules de liaison) Lac

Type d'entité Lac

Région administrative Nord-du-Québec

Municipalité régionale de comté (MRC) Hors MRC

Municipalité Chibougamau (Ville)

Code géographique de la municipalité 99025

Latitude               Longitude (coord. sexagésimales) 49° 51' 17" -74° 10' 06"

Latitude               Longitude (coord. décimales) 49.85475 -74.16834

Carte topographique 1/50 000 32G16

Carte topographique 1/20 000 32G16 -0102

Variante traditionnelle autochtone

  • Uchepukumuuw-Saakahikan (Lac)

    Uchepukumuuw-Saakahikan est le nom que les Cris utilisent pour désigner le lac dont le nom officiel est Lac Chibougamau. Uchepukumuuw-Saakahikan signifie « lac (Saakahikan) Uchepukumuu ». Uchepukumuu est à l’origine de la forme Oujé-Bougoumou. Voir : Lac Chibougamau.


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