Origine et signification
Ce nom désigne une partie importante de la chaîne de montagnes nommée Les Appalaches. Les monts Notre-Dame s’étendent sur environ 800 km selon un axe nord-est–sud-ouest, de l’Estrie à la Gaspésie.
Au sud-ouest, cette chaîne se distingue des montagnes Vertes, des montagnes Blanches et des montagnes Bleues par ses collines d’altitude généralement moins élevée et aux pentes moins prononcées. À mi-chemin de sa longueur, en Côte-du-Sud, certaines de ses collines formées de grès et de quartzite surplombent les basses-terres du Saint-Laurent sans être adossées au reste de l’ensemble montagneux. Ces collines sont des monadnocks (ou inselbergs), c’est-à-dire des formes de relief résiduelles ayant résisté à l’érosion, qui prennent localement le nom de cabourons ou de coteaux. Au nord-est, les monts Notre-Dame occupent l’essentiel de la péninsule de la Gaspésie, où les monts Chic-Chocs et les monts McGerrigle sont les sous-ensembles les plus imposants. Sur toute la longueur des Appalaches, divers sous-ensembles, comme les monts Stoke, le massif du Sud ou les monts Berry, marquent le paysage.
Il est raisonnable de penser que Jacques Cartier ne serait pas étranger à l’attribution du nom Monts Notre-Dame. Parvenu en Gaspésie le 15 août 1535, jour de l'Assomption, il écrit dans ses relations de voyage, vraisemblablement en référence aux monts Chic-Chocs ou aux monts McGerrigle : « le landemain jour Notre Dame d'aoust XVe dudit moys nous passasmes le destroict la nuyt davant. Et le lendemain eusmes congnoissance de terres qui nous demouroient devers le su qui est une terre à haultes montaignes à merveilles ». Au cours de l'automne suivant, Jacques Cartier désignait ces mêmes reliefs sous le nom de Haultes montaignes de Honguedo.
Le nom Monts Notre-Dame s'est implanté rapidement au XVIe siècle. Dans sa Cosmographie (1544), le pilote Jean Fonteneau emploie la désignation Montz Nostre Dame, que le géographe Gérard Mercator orthographie Mons Nostre Dame dans sa carte de 1569. La forme Monts de Nostre-Dame est aussi employée en 1648, dans les Relations des Jésuites : « Tous ceux qui viennent en la Nouvelle-France, connaissent assés les Monts de nostre-Dame, pource que les Pilotes et les Mattelots estans arrivés à l'endroit du grand fleuve, qui répond à ces hautes montagnes, baptisent ordinairement par récréation les nouveaux passagers, s'ils ne détournent par quelque présent l'innondation de ce baptesme, qu'on fait couler en abondance dessus leurs testes ». C’est donc au XVIIe siècle qu’une extension est donnée aux monts Notre-Dame, qui comprennent désormais plus que le relief de la péninsule de la Gaspésie. En 1664, l’explorateur Pierre Boucher décrivait ainsi cet ensemble : « Depuis l'Isle Percée, qui est à l'emboucheure du fleuve, jusque vis-à-vis de Tadoussac du costé du Sud, que les Navires frequentent quand ils montent à Quebec, toutes les terres paraissent hautes, & la pluspart grandes montagnes : c'est ce qui a donné le nom aux Monts Nostre-Dame ».
Les avis ont longtemps été partagés sur la limite méridionale de cette partie des Appalaches. Certains auteurs ont suggéré que les monts Notre-Dame s'étendaient, dans leur extrémité sud-ouest, jusqu'au lac Champlain, à la frontière du Québec et des États-Unis. Le géologue Joseph-Clovis-Kemner Laflamme leur avait donné cette extension dans son étude Les montagnes Notre-Dame et les Shickshocks (1909). C’est la même limite qui avait été établie dans l'Atlas-géographie des Frères maristes (1923). D'autres estimaient plutôt que les monts Notre-Dame avaient pour limite méridionale le lac Memphrémagog. Ainsi, le dictionnaireLarousse (1948), l'abbé Adrien Caron dans son étude Les monts Notre-Dame (1968) et le Bélisle (1974) leur donnent cette extension.
C’est cette dernière compréhension de l’étendue des monts Notre-Dame qui domine aujourd’hui. En effet, l’espace entre le lac Champlain et le lac Memphrémagog est occupé par les monts Sutton, un massif des montagnes Vertes. Les monts Notre-Dame compteraient près de 850 points culminants d’une proéminence supérieure à 100 m, dont environ 140 ont une altitude de plus de 750 m.
Sources
CARON, Adrien. Les monts Notre-Dame, La Pocatière, Société historique de la Côte-du-Sud,1968.
CARTIER, Jacques. Relations, édition critique par Michel Bideaux, Montréal, Presses de l’Université de Montréal, 1986, 500 p. Également disponible en ligne : https://collections.banq.qc.ca/ark:/52327/2367364.
CHAMPLAIN, Samuel de. Carte de la Nouvelle France, augmentée depuis la dernière, servant à la navigation faicte en son vray meridien, par le Sr. de Champlain capitaine pour le Roy en la Marine, [Document cartographique],1632. Également disponible en ligne : https://collections.banq.qc.ca/ark:/52327/2246880.
COMMISSION DE GÉOGRAPHIE. Toponymie des principaux reliefs de la province de Québec, Étude toponymique 4, Ministère des Terres et Forêts, 1971. Également disponible en ligne : https://toponymie.gouv.qc.ca/ct/pdf/toponymie_principaux_reliefs_quebec.pdf.
FONTENAU, Jean (Alfonse DE SAINTONGE). La cosmographie avec l'espère et régime du soleil et du Nord, Paris, Ernest Leroux, 1544. Également disponible en ligne : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6535486p.
LAFLAMME, Joseph-Clovis-Kemner. « Les montagnes Notre-Dame et les Shickshocks », Bulletin de la Société géographique du Québec, no 3, p. 3-13, 1909.
MERCATOR, Gérard. Nova et Aucta Orbis Terrae Descriptio ad Usum Navigantium Emendate Accommodata, [Document cartographique], 1569. Également disponible en ligne : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b7200344k/f7.item.
Date d'officialisation
1968-12-05
Spécifique
Notre-Dame
Générique (avec ou sans particules de liaison)
Monts
Type d'entité
Chaîne de montagnes
Région administrative
Bas-Saint-Laurent
Municipalité régionale de comté (MRC)
Témiscouata
Municipalité
Rivière-Bleue (Municipalité)
Code géographique de la municipalité
13025
Latitude Longitude (coord. sexagésimales)
47° 24' 45"
-68° 59' 43"
Latitude Longitude (coord. décimales)
47.4127
-68.99549
Carte topographique 1/50 000
21N07
Carte topographique 1/20 000
21N07 -0201