Chroniques
La plupart des personnes dont le nom a fait sa première entrée dans la nomenclature toponymique officielle cette année ont laissé leur marque dans leur communauté ou leur région, ou encore dans leur domaine d’activité. Bien que méconnus, ces hommes et ces femmes ont accompli des choses hors du commun et ont souvent eu un parcours de vie inspirant. La chronique de ce mois-ci présente d’ailleurs quelques-unes de ces personnes particulièrement dignes de mention.
Rosanne Laflamme (1937-1991) était une athlète paralympique québécoise. À l’âge de 3 ans, celle-ci a été amputée du bras droit et de l’extrémité des deux jambes à la suite d’un accident survenu dans une ferme. En 1971, à l’âge de 34 ans, elle s’est découvert une passion pour le sport. Elle a pratiqué plusieurs disciplines sportives, mais s’est spécialisée dans la natation, le ski alpin et le lancer du javelot. La même année, Rosanne Laflamme a participé aux Jeux provinciaux pour handicapés, à Laval. Elle y a été nommée meilleure athlète de la journée, en plus d’y avoir remporté trois médailles d’or. En 1975, lors des Jeux internationaux pour handicapés tenus à Saint-Étienne, en France, elle a obtenu une médaille dans trois disciplines différentes et a été couronnée athlète la plus méritante. De 1971 à 1977, elle a cumulé 28 médailles.
Rosanne Laflamme a aussi été conférencière et auteure. En 1976, elle a publié son autobiographie, Rosanne : un seul membre... mais une volonté de fer. Engagée auprès des personnes handicapées, elle a été présidente de la Fondation Rosanne-Laflamme, laquelle visait à recueillir des fonds en vue d’acheter de l’équipement sportif adapté. Elle a également été membre du Conseil consultatif national de la santé et du sport amateur. Les noms d’un centre sportif et d’un parc situés à Longueuil honorent la mémoire de cette athlète pluridisciplinaire.
Margot Phaneuf, née Cambron (1928-2020), a grandement contribué à l’avancement de l’enseignement des soins infirmiers au Québec comme à l’international. Après avoir exercé la profession d’infirmière à Montréal, celle-ci a enseigné au cégep de Saint-Jean-sur-Richelieu de 1974 à 1991. Elle a par la suite été consultante en soins infirmiers pour la France, le Liban, le Luxembourg, le Portugal et la Tunisie. Au cours de sa longue carrière, elle a publié plus d’une vingtaine d’ouvrages ainsi que de nombreux articles concernant la médecine et les soins infirmiers. Ces textes ont été traduits dans plusieurs langues. Margot Phaneuf a reçu plusieurs distinctions, dont l’Ordre du Canada en 2004. Une rue de Saint-Jean-sur-Richelieu rappelle le souvenir de cette précurseure.
Rémi Larose (1923-1996) était un enseignant et un sportif passionné. Natif de Québec, ce dernier est arrivé à Rimouski en 1948 pour enseigner l’éducation physique. Ayant constaté au fil des ans le peu de possibilités qui s’offraient aux skieurs de la région, Rémi Larose a entrepris en 1957 des démarches afin de créer un centre de ski régional à Rimouski. C’est à la suite de celles-ci que le centre de ski Val-Neigette a vu le jour sur le mont Blanc, le 29 janvier 1961. Ce centre est demeuré en activité pendant plus de 55 ans, soit jusqu’en 2018. Rémi Larose a participé à plusieurs compétitions provinciales de ski alpin. Il a également été vice-président de l’Association canadienne de ski alpin pour l’Est du Canada. Le nom d’un parc public situé à côté de l’ancien chalet du centre de ski Val-Neigette rappelle son souvenir.
Chronique parue le 19 juin 2025.
Date de la dernière mise à jour : 2025-06-17